Vendredi 13 MAI 2011: Colloque organisé par le Ministère des Affaires étrangères et européennes, l’IHEDN et le journal « La Croix »

Emetteur: IHEDN – Paris

Chers auditeurs,
L’amphi Foch de l’École Militaire a accueilli, ce vendredi 13 mai, les auditeurs de l’IHEDN pour un colloque organisé par le Ministère des Affaires étrangères et européennes, l’IHEDN et le journal « La Croix ». Les intervenants étaient de très haute qualité comme je vais vous le montrer ci-après.
Le premier à intervenir était, comme il se doit, le Vice-amiral d’escadre Richard LABORDE, directeur de l’Institut, qui a ouvert cette journée par un discours dont j’ai retenu un point important, sur lequel reviendront certains intervenants : « la place prise par la « morale » dans la justification et la conduite des affaires. »
Yadh BEN ACHOUR, président de l’Instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique en Tunisie , a apporté un témoignage fort sur ce qui se passe au pays des « Aigles de Carthage ». De son intervention, j’ai retenu, plein de choses certes, mais quelques points ou phrases intéressantes. Ainsi, parlant de la démocratie, il a indiqué que l’Europe a mis près de 500 ans pour connaître la démocratie. Il a, notamment, eu cette phrase que j »apprécie beaucoup: « La démocratie, en Europe, a commencé grâce aux artistes qui ont inventé la beauté plutôt que de la décrire…Voyez le Titien, Botticelli… »
Parlant du processus il a parlé de la transition vers la démocratie et non de transition démocratique tant la démocratie n’existant pas avant, la Tunisie ne pouvait qu’allers vers…
Il a lancé une pierre dans notre jardin en indiquant que la Tunisie hérite de la situation libyenne en accueillant sur son territoire 200 000 réfugiés qu’elle nourrit et soigne…
À une question sur le soutien des pays occidentaux à la dictature, il a répondu qu’il préférait un président français ayant de bonnes relations avec Ben Ali qu’un président en conflit. Il a rappelé que les relations se font d’État à État…
La description qu »a faite Ben Achour sur la période qu »il était en train de vivre m »a fait penser à la période qui a succédé à la prise de la Bastille en 1789, reste à espérer que cette période ne se termine pas en Terreur…
Joseph BAHOUT (http://www.espaceculture.net/averroes/averroes2006/02intervenants/Intervenants_tab03.html) est revenu sur les différents évènements qui ont secoué, et qui secouent encore, le monde arabe en soulignant les différences qui existent entre l’Égypte, la Libye, la Tunisie et la Syrie… Des conditions différentes qui ont amenées « fins » différentes. En Égypte une révolution qui pousse à la démission du président mais une armée qui tient toujours le pouvoir. En Libye, une révolte d »une partie du pays qui conduit à une intervention de l »Occident. En Syrie, une révolte maîtrisé par le pouvoir en place mais dont les répercussions régionales peuvent être importantes en coupant, par exemple, le lien physique qui existe entre l »Iran et le Hezbollah libanais à travers la Syrie.
En ce qui me concerne, je trouve que l »on étudie pas assez le rôle des « ethnies » dans les révolutions. ainsi de la Libye où seule la Cyrénaïque semble s »être soulevée ou encore du rôle des Druzes dans la révolte syrienne…
Bassma KODMANI DARWISH, a plutôt abordé le problème égyptien sans apporter d »éléments supplémentaires à ce qui avait été dit par BAHOUT. Toutefois, revenant d’Égypte son témoignage n »en avait que plus de valeur.
Fareed Yasseen,ambassadeur d »Irak en France, a indiqué que l »Irak était un peu plus avancé que la Tunisie car son pays était en route vers la bonne gouvernance après avoir réussi la transition.
Le Contre-amiral James G. Foggo, http://www.navy.mil/navydata/bios/navybio.asp?bioID=560, a fait une excellente, bien formatée, présentation sur la marine américaine dans la crise libyenne rappelant que l »US Navy agit sus mandat ONU et dans le cadre d »une alliance internationale dont fait partie la France. Il a rappelé que, dès le premier jour, 124 tomahawk ont été tirés sur des cibles militaires libyennes et que l »engagement américain perdure.
La deuxième partie de la matinée m »a paru beaucoup plus conceptuelle d »autant que la longueur des interventions n »a pas permis de poser, réellement, des questions…
A titre indicatif, je vous transmets, en pièce jointe, une étude réalisée par Rocío Méndez Aléman dans le cadre d »une bourse de l »OTAN qui tente de répondre à ces questions : « S’il faut déployer des missions de paix dans la Méditerranée, le seront-elles dans le cadre de l’Otan ou de l’UE?, l’Otan a-t-elle encore un rôle à jouer dans cet espace? Et cette OTAN qui développe des missions de paix, est-elle la solution aux problèmes du bassin Méditerranéen ? Peut elle contribuer à la stabilisation du bassin Méditerranéen par le renforcement du dialogue tout en agissant comme frein aux éventuelles aventures déstabilisatrices de certains gouvernements ? Doit-elle être préservée comme dernière solution au cas où les autres remèdes appliqués seraient insuffisants et au cas où l »intervention militaire s’avérerait nécessaire?. » Je vous précise que cette étude a été réalisé entre 1998 et 2000…
Cette étude devrait vous intéresser lorsque vous lirez l »affirmation suivante : « Nous estimons que la défense des principes fondamentaux qu »implique la démocratie, et la lutte contre les risques qui la menacent, doivent être l »essence même de toutes les initiatives développées par les institutions occidentales. Si certains pays présentent de graves lacunes ce n »est pas seulement leur problème c »est aussi le nôtre, parce qu »un voisinage instable et non démocratique engendre la crainte, la suspicion et la précarité. C »est pourquoi la sécurité démocratique revêt une telle importance sur toute la région. »

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